Si l’image et l’imagination ont une étymologie commune, toutes deux partagent aussi un accès privilégié à notre intériorité : quoi de plus efficace, pour déclencher le souvenir ou la rêverie, qu’une photographie, une carte du monde ou les pages d’une grande œuvre, soudain ressaisies au détour d’un film ? L’image stimule la mémoire, crée un effet d’altérité et du passé, immédiat ou lointain, qu’elle ressuscite sous nos yeux, naît une étrangeté souvent féconde. Qui sont ces visages et que disent-ils de nous, de nos racines et de nos familles ? L’enquête, réelle ou fictive, peut alors commencer.
Pour en parler, trois romancières dont les livres, marquants, sont nés d’images qui ont fait ressurgir le passé.
Invité.e.s
Laure Murat est essayiste et professeure à l’Université de Californie à Los Angeles (UCLA). Elle est l’autrice d’une dizaine de livres, dont La Maison du docteur Blanche (Lattès, 2001, Goncourt de la biographie), Passage de l’Odéon (Fayard, 2003), L’Homme qui se prenait pour Napoléon (Gallimard, 2011, prix Femina essai), Relire (Flammarion, 2013), Ceci n’est pas une ville (Flammarion, 2015) et Proust, roman familial (Robert Laffont, 2023, prix Médicis essai). Son dernier livre, Toutes les époques sont dégueulasses (Verdier, 2025) s’intéresse à la réécriture des classiques.

Vanessa de Senarclens est spécialiste des lumières et enseigne la littérature française à l’université Humboldt de Berlin. Il y a quelques années, elle s’est lancée dans une enquête un peu folle sans savoir où celle-ci la mènerait : retrouver la trace d’une bibliothèque ayant appartenu à sa belle-famille, qu’elle retrace dans La Bibliothèque Retrouvée, publié en 2025 aux éditions Zoé.

Hélène Gestern est enseignante-chercheuse écrivaine. Elle porte un intérêt particulier aux archives, écrites et photographiques, à leur édition et à leur usage dans l’écriture de fiction. Elle est l’autrice de l’ouvrage Cézembre, publié en 2024 aux éditions Grasset.

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